Arrêtez de demander leurs avis à vos collaborateurs, demandez-leur leurs idées !

23 octobre 2017

Les entreprises ont, depuis une dizaine d’années, compris qu’il fallait qu’elles s’intéressent à leurs collaborateurs (ouf !). Merci les Vineet Nayar, auteur de Employees First, Customers Second (2010) et autres Richard Branson, truculent patron de Virgin, qui ont porté haut ce message tellement vrai et important. Mais si le fond est bel et bien compris, attention à la méthode !

Employé client ou employé acteur ?

Après le « Customer centric » se développe donc dans les entreprises la tendance du « Employee centric ». C’est tout à fait positif car plusieurs dirigeants l’ont démontré « si je prends soin de mon employé, il va prendre soin de mon client… ». Des postes de Chief Happiness Officer sont créés, des babyfoots sont achetés, des espaces détente sont dédiés… tant mieux !

Mais attention s’il est primordial que votre collaborateur se sente bien au travail pour être performant, il ne doit pas se sentir « client » de l’entreprise, il doit s’en sentir « membre ». Et c’est très différent dans la posture et les conséquences.

Une entreprise est une équipe (avec une mémoire collective, nous l’avons déjà développé dans cet autre article) où chaque collaborateur est un membre à part entière quel que soit son poste, sa fonction, ses responsabilités. Des salariés engagés et responsabilisés derrière un objectif commun, c’est ça le succès d’une démarche « Employee centric ».

Critiquer ou proposer ?

Certaines démarches très répandues, pleines de bonnes intentions, peuvent s’avérer contreproductives. J’aimerais parler ici de toutes les sollicitations d’avis des collaborateurs (opinion survey, et autres études internes de satisfaction).

Concrètement, le salarié a l’opportunité, tous les 18 ou 24 mois, de noter son entreprise et de donner son avis sur un certain nombre de points bien spécifiques, comme s’il sortait de 15 jours d’un club de vacances et qu’il devait dire « j’ai bien aimé les repas », « les toilettes sont sales » etc. C’est certainement utile ponctuellement, mais si cela devient une habitude, c’est déresponsabilisant, et très difficile à transformer en solution.

D’autant que lorsqu’on se retrouve devant 50 questions à traiter, on a vite envie que ça se termine. Alors soit on est de mauvaise humeur et on a tendance à tout sous-noter, soit on est d’excellente humeur et on va vite tout surnoter (issu de témoignages réels).

Alors voici une proposition toute simple : arrêtez de demander leurs avis à vos salariés, demandez-leur désormais leurs idées ! Ils en ont plein ! C’est responsabilisant, constructif, immédiatement exploitable et très riche d’enseignements. Votre collaborateur ne se met pas en position de consommateur qui critique mais en position d’acteur qui propose. Il fait partie de l’équipe.

Et cette équipe, si elle est bien entrainée et bien coachée, elle va gagner !

Benjamin J.